Clocher de Corravillers, (70) photo M. Y. Vuillemard

Clocher de Corravillers
(Haute-Saône)
septembre 2008

Photos Y. Vuillemard














L'église de Corravillers, photo Y. Vuillemard

CORRAVILLERS  Canton de MELISEY  Communauté de communes des mille étangs

L'église est sous le titre de la nativité de Saint Jean Baptiste.
Eglise-halle reconstruite au XVIIIème siècle en conservant clocher porche et choeur bâtis au début du XVIIe siècle. Coiffé d’une toiture en pavillon, le clocher présente successivement un portail plein cintre flanqué de deux colonnes toscanes portant entablement (daté de 1622), un second niveau percé de fenêtres bigéminées (aujourd’hui murées), puis une chambre de sonnerie bâtie au XVIIIème siècle lors du remaniement complet de l’église. Ce clocher a été restauré au début des années 1980.
La nef se compose de trois vaisseaux de cinq travées à voûtes d’arêtes, les arcs doubleaux retombant sur des colonnes et pilastres d’ordre dorique. Une sixième travée
ainsi que le choeur -fermé par un chevet plat sont voûtés sur croisée d’ogives.
Au dernier tiers du XVIIIème siècle, la communauté paroissiale de Corravillers formée des habitants du Plain, La Longine, La Montagne et La Rosière se trouva dans l’obligation d’abattre l’ancienne nef, en fort mauvais état et devenue trop petite pour le nombre grandissant de paroissiens. Pour faire face à la dépense, elle eut recours comme pratiquement toutes les communautés de Haute-Saône à la vente du quart de réserve de ses bois (adjugé pour 15 882 livres en 1776).
Commencé au printemps 1778, sur plans et devis de l’architecte de la maîtrise particulière des Eaux et Forêts de Vesoul, le Dolois Anatoile Amoudru, et achevé en décembre 1784, le chantier eut beaucoup à souffrir des négligences et de l’incompétence de l’entrepreneur Nicolas Petitjean, adjudicataire des travaux pour 11 800 livres.
Au moment de la réception, on ne put que déplorer le non respect de certaines dispositions du devis (notamment celles concernant les dimensions des voûtes et les proportions à donner à l’ordre d’architecture).
Néanmoins, telle qu’elle nous est parvenue, après une succession d’interventions plus légères au XIXème siècle, l’église de Corravillers ne manque pas d’intérêt architectural.
Pour un observateur attentif, elle donne à voir un jeu de profils et moulures d’un gothique tardif dans le choeur, les pas encore mal assurés d’une composition classique dans le portail et une référence aux traités savants du XVIIIème siècle dans la nef. Couvrant entièrement le chevet, un superbe retable à colonnes torses de la fin du XVIIème siècle magnifie tout l’espace du choeur. Deux retables latéraux lui répondent, ainsi qu’une exceptionnelle série de statuettes baroques figurant les douze apôtres.
D’un modèle peu courant, la chaire, malheureusement privée de son abat-voix, repose sur un aigle bicéphale de très grande taille. Enfin il faut signaler la qualité d’une statue de Saint-Jean l’Evangéliste en bois polychrome, récemment classée au titre des Monuments historiques.

Source : Jean-Louis LANGROGNET Conservateur des Antiquités et Objets d’Art de la Haute-Saône.




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